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Gangrène de l’Afrique, le terrorisme islamiste ne se cantonne pas au Sahel, où l’armée française le combat héroïquement dans le cadre de l’opération Barkhane. Au Mozambique, c’est le groupe terroriste Al-Shabab qui sévit, vraisemblablement avec le blanc-seing de l’Etat islamique.

À la clef un bilan humain épouvantable : de 700 000 en mars 2021, le nombre de déplacés internes pourrait atteindre le million en juin, selon l’Organisation des Nations Unies.

Mais une facette méconnue de cette crise tient à ses répercussions de long terme non seulement sur le continent africain, mais aussi pour la France. Car les gigantesques réserves de gaz au large de la province du Cabo Delgado ont suscité une véritable ruée vers l’or, dans laquelle le Français Total espère bien tirer son épingle du jeu, via sa participation majoritaire de 26,5 % dans un mégaprojet gazier de 16,9 milliards d’euros à Afungi.

Au-delà de l’intérêt évident d’un fleuron national, l’opération profiterait également à Mayotte puisque son port de Longoni pourrait bien en devenir la base arrière, aux fins de l’entrepôt du matériel ou de l’accueil des navires. Le site s’est d’ailleurs lancé dans une course contre la montre pour se mettre à la page en matière d’infrastructures.

L’arrêt des travaux annoncé la semaine dernière par Total est donc un coup dur pour ce département, pris dans l’étau de la paupérisation et de l’immigration massive.

Cette déconvenue démontre du reste qu’à l’heure où tant de nos partenaires européens refusent obstinément de prêter main-forte aux soldats français dans la lutte antiterroriste au Sahel, ils paieront eux aussi au prix fort l’inexorable dégradation sécuritaire sur le continent africain. L’interruption sine die d’un projet qui représente une chance inespérée pour l’un des territoires abandonnés de la République française le démontre amplement.

C’est l’occasion aussi pour moi de rappeler, comme je le martèle volontiers entre les murs du Parlement européen, que le développement ne saurait se résumer à un luxe d’argent public déversé en pure perte, mais doit se fonder également sur des initiatives privées, dont celle de Total est un exemple éminent.

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