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Il est déjà loin le temps des « héros du quotidien ».

En septembre dernier, le groupe Auchan annonçait avec fracas la suppression de plus de 1000 emplois. Un coup de tonnerre pour les salariés du secteur qui savent pourtant mieux que quiconque que la grande distribution est entrée en crise. Cette semaine encore, nous apprenions qu’une trentaine de postes vont passer à la trappe en Moselle ainsi qu’une quinzaine de plus dans la métropole de Nancy.

Durant les premières semaines de la crise sanitaire, tout le monde était d’accord pour revaloriser ces métiers essentiels qui se sont retrouvés en première ligne. Loin de ces belles promesses, voici que désormais, il faudrait voir ces hommes et ces femmes dévoués perdre leur poste ?

Cette façon de les remercier est indécente !

Plus inquiétant encore, ces licenciements ne sont qu’un début. Depuis son essor dans les années soixante, la grande distribution a grandi en bénéficiant de taux de croissance impressionnants et en sacrifiant, au passage, la qualité des produits ou le respect des producteurs. Forts de leur mainmise totale sur le marché, les six grands groupes français stagnent désormais depuis peu, se voyant obligés de remettre en question un certain nombre de leurs certitudes.

Ce marché qui engage plus d’un million de personnes en France (dont 630 000 dans la grande distribution alimentaire) est menacé. En 2016, une étude de l’Institut Roland Berger prédisait que la France devrait y perdre « près de 225 000 emplois directs, et presque autant d’indirects en l’espace de 10 ans ».

Au carrefour de toutes les transformations, la grande distribution subit non seulement la concurrence des plateformes numériques, mais également la robotisation qui a un impact important sur l’emploi dans le secteur.

C’est sans compter sur la baisse de fréquentation des hypermarchés (- 2,5% rien qu’en 2018) qui démontre la volonté des Français de revenir vers des structures à taille plus humaine. De plus, en mettant la pression maximale sur leurs employés, la grande distribution a négligé l’importance du service client, accentuant encore davantage le problème.

Quoi de mieux qu’un retour des petits commerces dans nos centres-villes et dans nos villages pour accompagner cette transition, et surtout pour créer de nombreux emplois? Loin des simples effets d’annonce, ce ré-enracinement du commerce de

proximité et la renaissance du tissu économique doivent être une priorité dans les années à venir.

En 2017, Marine Le Pen proposait de libérer l’accès au crédit pour les petites et très petites entreprises grâce à des taux préférentiels sous la supervision de la Banque de France (vidée de ses prérogatives par l’anonyme Banque centrale européenne). Ces plans qui visent à soutenir l’économie réelle valent bien mieux que les milliards jetés à fond perdu dans des programmes européens inutiles.

Surtout, nous devons inciter les salariés victimes des liquidations abusives à reprendre le contrôle de leurs moyens de production en constituant des sociétés coopératives (SCOP) et ainsi garantir la pérennité de certaines affaires.

À l’opposé des immenses structures déshumanisées que les pouvoirs publics ont scandaleusement aidées, nous devons favoriser une transition économique enracinée, locale et respectueuse du mode de vie à la française !

Ne ratons pas cette belle occasion de revenir à l’essentiel.

Soyons à la hauteur, pour une fois !