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L’affaire tombe mal pour les instances européennes, qui s’apprêtent à démarrer avec la Macédoine du Nord et l’Albanie les négociations d’adhésion à l’Union

Car le terroriste abattu par la police autrichienne à Vienne lundi est à la fois d’origine ethnique albanaise et de citoyenneté macédonienne – il aurait également par le passé tenté de gagner la Syrie.

En effet, en dépit d’un nom qui évoque surtout Alexandre Le Grand (au grand dam de son voisin grec), le petit État balkanique est en réalité à 25% albanais et à 33% musulman. C’est sans parler de l’Albanie elle-même, de la Bosnie-Herzégovine ou encore du Kosovo, entités majoritairement musulmanes (à l’exception notable de la République serbe de Bosnie) et qui toutes frappent, à des degrés d’avancement divers, à la porte de l’Union européenne.

Il sera donc désormais difficile de nier le lien évident entre les Balkans et l’islam radical, voire le terrorisme islamiste. Du reste, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Les Balkans occidentaux sont la région d’Europe où la concentration de terroristes revenus du djihad en Syrie et en Irak est la plus élevée. Au point que même Emmanuel Macron s’en était un temps inquiété, qualifiant la Bosnie-Herzégovine de « bombe à retardement. »

Ces vocations au djihad ne sont pas le fruit du hasard. Elles prennent racine dans des liens soigneusement entretenus avec certains pays comme la Turquie ou l’Arabie saoudite, qui promeuvent à leur façon l’expansion islamique à travers le monde.

Quelles conclusions tireront les dirigeants européens de cet état des lieux ? Probablement aucune, tant la Commission semble arc-boutée sur son projet d’élargissement. Par ailleurs, tous les pays de la région hormis le Kosovo bénéficient déjà de l’exemption de visas de courte durée sans que personne ne s’en émeuve.

L’année dernière, le commissaire européen chargé de l’élargissement avait botté en touche sur ma question écrite, m’offrant une des réponses sibyllines dont les bureaucrates ont le secret. À l’en croire, l’Union européenne serait résolue à « s’attaquer au problème des combattants étrangers de retour dans leur pays d’origine et à prévenir l’extrémisme violent et la radicalisation. » Vaste programme, mais dont la vague d’attaques terroristes qui secoue l’Europe laisse peu augurer de l’efficacité.