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Il s’appelait Tojohasina Razafintsalama et avait 26 ans. Le 23 juillet 2020, il est venu grossir les rangs des quelque trente-cinq militaires français tombés dans le cadre de l’opération Barkhane au Sahel, selon les chiffres du ministère des Armées de juin 2020.

Nombreux sont également les soldats des États du G5 Sahel à avoir payé au prix fort cette lutte sans merci contre l’hydre islamiste. Ainsi, fin mars 2020, une centaine de Tchadiens perdaient la vie face à Boko Haram, conduisant le président Idriss Déby Itno à envisager un temps le retrait de son pays de l’offensive antiterroriste.

Mais alors que ces efforts commencent à porter leurs fruits, on ne peut s’empêcher de déplorer une grande absente : l’Union européenne, ou plus exactement ses États membres.

Car si Bruxelles soutient la MINUSMA, mission de l’ONU au Mali – dont le mandat insuffisant est largement critiqué-, les Européens ne se bousculent guère pour participer aux combats. En témoignent les déboires de la force spéciale « Takuba », qui n’aura réussi à rallier péniblement qu’une poignée d’Estoniens, de Suédois et de Tchèques. L’Allemagne continue pour sa part de faire l’autruche s’agissant de sa participation aux opérations armées. Quant à l’Italie, si elle envisage de muscler sa présence diplomatique dans la région, son engagement militaire reste très modeste.

Sur qui peuvent donc bien compter la France et ses alliés africains ? La réponse risque de faire grincer des dents les thuriféraires de « l’Europe de la Défense. » Car si Donald Trump a soufflé le chaud et le froid quant au maintien des Américains au Sahel, c’est bien les États-Unis qui restent indispensables. Ainsi, leur aide en matière de surveillance et de renseignement a facilité la liquidation par la France du terroriste d’Al-Qaïda Abdelmalek Droukdel. De même, un éventuel départ des Britanniques dans la foulée du Brexit serait un coup dur.

N’est-il pas ironique de ne pouvoir se targuer que de deux alliés occidentaux véritables : les États-Unis et le Royaume-Uni, qui a claqué la porte de l’Union européenne ? Et ce, alors même que ce théâtre d’opérations est crucial, tant sur le plan de la lutte contre le terrorisme que du contrôle migratoire. La crise du Sahel aura donc à nouveau servi de révélateur à la vacuité d’un projet européen, qui pour la France s’apparente toujours davantage à un marché de dupes.