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Entre les producteurs français de masques et nos fleurons industriels vendus à des groupes étrangers rapaces, les incantations au patriotisme économique auront décidément fait long feu.

Berceau de la sidérurgie, le Grand Est en fait l’amère expérience. Cette semaine, le groupe Saint-Gobain PAM signait ainsi un accord commercial avec un sous-traitant chinois, Haoyu Rizaho.1 Officiellement, il s’agit de fourniture de tuyaux destinés à l’Empire du Milieu, mais dans le contexte des rumeurs récentes de rachat de Saint-Gobain PAM par le géant Xinxing,2 il est difficile de ne pas s’inquiéter quant au maintien de l’activité en France.

La polémique intervient alors qu’un autre groupe aura bu la potion chinoise jusqu’à la lie. Il s’agit de FVM Technologies, rachetée en 2017 par Jinjiang Industries Europe3 et passée récemment sous la houlette d’un administrateur dans le cadre d’un redressement judiciaire. Le temps pour le tribunal de dénoncer « l’immobilisme des Chinois, qui sont aux abonnés absents. »

Deux affaires, un constat : le désintérêt chinois pour tout investissement de long terme dans leurs entreprises françaises fraîchement rachetées. S’agissant de Saint-Gobain PAM, ne murmurait-on pas que les acquéreurs potentiels étaient surtout motivés par la propriété industrielle ?4

Plus avant, tandis qu’une crise économique majeure se profile, et que le coronavirus aura souligné la nécessité d’une robuste souveraineté industrielle dans certains secteurs stratégiques (en l’occurrence l’industrie pharmaceutique, mais cela est aussi valable pour la sidérurgie), ces deux épisodes démontrent que personne n’est en vérité enclin à changer de paradigme. Bref, pour l’industrie lourde, le dépeçage continue…