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Depuis maintenant trois mois nos soignants sont confrontés à la crise du coronavirus qui touche l’ensemble de notre système hospitalier. Les soignants, manifestant il y a encore quelques mois pour réclamer des mesures de sauvetage de l’hôpital public qui subit des diètes budgétaires depuis plus de 15 ans.

Manque de matériel, de personnel et surtout de stocks stratégiques, le bilan est lourd et notamment dans les ehpad qui représentent la moitié des cas confirmés en France.

La conséquence est terrible, à ce stade environ 10 000 personnes ont perdu la vie dans ces établissements.

Cette fulgurante ascension du virus dans ces établissements interroge : les soignants et le personnel des ehpad ont-ils été suffisamment dotés en masques et tenues de protection ?

Le 23 mars 2020, le gouvernement prenait dans la précipitation la décision par décret de réquisitionner les masques. Une décision lourde de responsabilité, corrélée à une impréparation totale à gérer la redistribution des moyens de protection ayant induit des conséquences parfois dramatiques, notamment la suspension pendant dix à quinze jours des livraisons de masques à d’autres acteurs du système de santé, en particulier les ehpad. La logique aurait voulu que les commandes soient honorées en temps et en heure pour ces établissements dont les résidents font partie des personnes les plus vulnérables face au Covid-19.

En Meurthe-et-Moselle, l’ehpad de la commune de Mars-la-Tour ayant perdu la moitié de ses résidents du Covid-19 est l’un des nombreux exemples de ces établissements, n’ayant pas reçu leurs commandes de moyens de protection à temps. La conséquence a été de laisser les soignants et résidents seuls face au virus.

Alors même que le président de la République affirme « nous n’avons jamais été en pénurie », de nombreux témoignages remontent le fait que les dotations de masques sont arrivées trop tardivement et ont largement contribué à la diffusion du virus notamment à cause de soignants asymptomatiques ne disposant pas de moyens de protection adéquats.

Il en découlera les images que tous les Français ont pu observer : celles du personnel de santé désemparé face au manque de matériel, allant même jusqu’à s’équiper de sac poubelle en guise de sur-blouse et à lancer des appels aux dons afin de se pourvoir en matériel de protection.

Même le président de la fédération nationale des associations de directeurs d’établissements et services pour personnes âgées (Fnadepa) estime que « l’absence de matériel de protection durant les premières semaines de mars a contribué à la propagation du virus dans les ehpad »

L’après-crise devra impérativement être complétée par un grand plan national de fourniture en moyens de protection dans les ehpad et les résidences médicalisées, pour que ces établissements puissent faire face à de potentielles nouvelles pandémies ou autres situations d’urgence sanitaire.

Gouverner, c’est prévoir, force est de constater que le gouvernement n’avait en aucun cas prévu, ni même anticipé les conséquences catastrophiques d’une telle réquisition sur les ehpad et donc sur la vie de nos aînés.