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Depuis le samedi 14 mars 2020, les écoles, collèges, lycées et universités de France n’accueillent plus d’élèves dans leurs locaux et ont dû passer aux cours en ligne avec plus ou moins de succès. À la faculté de droit de Nancy, les méthodes varient d’un enseignant à l’autre. Si nombre d’étudiants, peu adeptes de ces pratiques ont vite décroché, certains professeurs en ont fait de même, ne donnant aucune consigne et n’apportant aucun suivi. En revanche, d’autres proposaient régulièrement des exercices à leurs étudiants et répondaient à leurs questions afin de préserver la continuité pédagogique.

Les conditions sanitaires n’étant pas assurées, le ministre de l’Éducation Nationale a annoncé l’annulation des examens du brevet des collèges, du baccalauréat ainsi que du brevet technicien supérieur (BTS), passant au contrôle continu. Ainsi, la note obtenue aux examens correspondra aux moyennes du candidat au cours de l’année écoulée. Cependant, le gouvernement fait preuve d’une incohérence et d’une irresponsabilité absolue en voulant réouvrir les écoles dès le déconfinement annoncé pour le 11 mai. Comme l’a justement rappelé notre présidente Marine Le Pen, dans tous les pays, c’est l’école que l’on rouvre en dernier. D’ailleurs, de nombreux élus locaux s’opposent à cette décision. Ce n’est évidemment pas le cas du maire de Nancy, Laurent Hénart, toujours désireux d’être dans les bonnes grâces du parti présidentiel.

Pour ce qui est de l’université, la liberté de l’enseignement supérieur veut que le choix soit laissé aux présidents d’université et doyens de faculté quant à l’organisation de leurs partiels. Ainsi, les deux UFR d’Art-Lettres-Langues et de Sciences Humaines et Sociales de Nancy ont opté pour des examens à distance. En revanche, sous la pression de l’UNEF, syndicat étudiant d’extrême-gauche, pourtant minoritaire dans les conseils de la faculté, le doyen de la faculté de droit a annoncé la neutralisation des partiels pour les étudiants de la licence de droit et des deux premières années d’économie.

Que ce soit lors des divers blocages et autres mouvements sociaux qui ont ébranlé le monde universitaire, l’UNEF n’a cessé d’exiger l’annulation des examens et la validation automatique de l’année pour tous les étudiants. L’épidémie de Covid-19 n’y a pas fait exception. Dès l’annonce de la mise en place du confinement, les élus du syndicat ont tout de suite réclamé la neutralisation du semestre du fait d’une prétendue rupture d’égalité.

À la grande surprise de tous, étudiants de la faculté, autres associations et syndicats étudiants, c’est Fabrice Gartner, doyen de la faculté de droit qui aura cédé le premier.

Les associations du campus Carnot ainsi que l’UNI Lorraine, syndicat étudiant de droite ont apporté davantage d’explications sur la décision du doyen. Il s’agira ni plus ni moins de mettre la note de 10/20 à chaque étudiant dans chacune des matières qu’il devait passer, peu importe le travail fourni et les résultats obtenus sur l’ensemble de l’année. Les notes obtenues en travaux dirigés sont toutefois conservées.

En réalité, en faisant ce choix, le doyen a choisi de brader ses licences de droit et d’économie pourtant réputées. Cette décision que nous critiquons aura deux conséquences néfastes pour les étudiants concernés.

La première concerne les connaissances et méthodes censées être acquises. En effet, en mettant 10 à chacun, peu importe le travail fourni, il est évident que très peu d’étudiants se donneront la peine d’apprendre et de travailler tous les cours qu’ils auraient dû avoir et n’assimileront donc pas des notions qui leurs seront pourtant indispensables dans la suite de leur formation ou dans leur vie professionnelle.

La seconde concerne plutôt les conséquences de la note de 10 attribuée. Bien que l’entrée en licence se fasse sans la moindre sélection, il en est autrement de l’entrée en master. Ainsi, les étudiants qui obtiendront leur licence cette année, ou dans un ou deux ans et qui devront candidater aux master devront porter le poids d’un semestre sacrifié, ayant eu à peine plus 10 de moyenne, dégradant considérablement leur dossier.

Une fois n’est pas coutume, la direction de la faculté de lettres a fait un meilleur choix, privilégiant le travail et le mérite de chacun, s’assurant que les connaissances sont acquises par des travaux à rendre jusqu’à la fin du semestre. Voilà une réelle continuité pédagogique digne de ce nom et censée être si chère à Monsieur le doyen Gartner.

TRIBUNE DE GÉNÉRATION NATION 54

contact : gen.nation54@gmail.com